POLITIQUEMENT INCORRECT Noble ambition ?
Par Sidy DIOP
Chronique publiée dans "Le Soleil" pendant la campagne présidentielle de mard 2007
« Devenir président de la République : comment se l’enlever de la tête ? ». Cela pourrait être l’intitulé d’un essai de psychologie à mettre à la disposition de la foultitude de candidats – et tous les autres – qui nourrissent le dessein de revêtir les atours du « Primus inter pares ». On ne saurait assez leur recommander la lecture du « Petit Bouvard illustré ». Président ! Nombreux sont ceux qui n’y voient que les privilèges et, accessoirement, la gloire rattachés à la fonction. Sinécure, plus que sacerdoce. Beaucoup de pouvoirs, peu de devoirs. Commandeur, plus que serviteur. Honneurs sans servitudes. Bref, bamboula à outrance. Il suffit pourtant de lire notre Loi fondamentale pour se convaincre de l’ampleur de la tâche d’un Chef d’Etat. Le Président de la République est, en effet, le gardien de la Constitution. Il est le premier Protecteur des Arts et des Lettres du Sénégal. Il incarne l'unité nationale. Il est le garant du fonctionnement régulier des institutions, de l'indépendance nationale et de l'intégrité du territoire. Il détermine la politique de la Nation. Il préside le Conseil des Ministres. Le Président de la République est responsable de la Défense nationale. Il préside le Conseil supérieur de la Défense nationale et le Conseil national de Sécurité. Il est le Chef suprême des Armées ; il nomme à tous les emplois militaires et dispose de la force armée. C’est prenant, c’est étouffant, mais pas assez rebutant pour un aspirant qui ne songe qu’aux fonds politiques, aux voyages et aux opportunités d’enrichissement que confère naturellement l’exercice du pouvoir. Le monde de la politique reste ainsi, chez nous plus qu’ailleurs, une fin, pas un moyen ; le raccourci idéal vers la réussite. A tout prix ! Nombre de postulants à la magistrature suprême et aux autres activités connexes (députés, maires, etc.), ne sont guère des « lumières ». Beaucoup d’entre eux n’ont jamais exercé une activité professionnelle connue. Leur seul mérite, c’est d’avoir fait de la politique. Ils en vivent et sont prêts à toutes les circonvolutions pour s’accrocher à la locomotive du pouvoir. Quand on ne sait rien faire, il faut avoir de l'ambition. Et celle-ci ne serait qu’un nom noble donné aux besoins d'argent. Philippe Bouvard dixit.
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