La politique en chantant
La politique se décrédibiliserait-elle au point que tout quidam sente le devoir quasi-messianique de briguer la présidence de son pays ou des postes électifs ? Après Arnold Schwartzeneger, le «Gouvernator» de la Californie réputé plus pour ses biceps et ses films d’action à rebondissements que pour ses dons de stratégie politique, voici venu le tour de George Weah de ferrailler dur dans son pays pour porter le maillot floqué du « number one » du président de la république libérien. Tous les deux sont certes populaires et aimés par des milliers, voire des millions de fans surexcités à la moindre apparition de leur idole, mais la popularité est-elle un gage de crédibilité ? Schwarzenegger, candidat à sa succession en 2006, fait actuellement face à une baisse sans précédent de sa popularité, 36% des Californiens affirmant lui faire confiance contre plus de 65% après son élection. George Weah quant à lui se révèle incapable de sortir de son jargon footballistique en répétant comme un enregistrement qu’il va encore marquer des buts pour son pays. La mésaventure de « Scharwazie » montre pourtant que la raison l’emporte toujours sur la passion et que les fans finissent par se convaincre que les destinées d’un pays ou d’une collectivité locale sont au-dessus des emballements passionnels. Youssou Ndour pour qui des fans surchauffés scandaient « You président » a bien compris : la gestion d’un pays, ça casse les voix les plus mielleuses.
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