DERNIERES LIGNES
Deux valent mieux qu’une !
Par Sidy DIOP
« Ñaarel dafa xew »*. La formule est devenue l’hymne de nombre de mecs en quête de nouvelles sensations. Les recettes éculées de la première ne retiennent plus ces coureurs toujours à l’affût de rondeurs et de cambrure. De jeunesse et de plaines vierges à ensemencer. Et, curieusement, un peu partout, la nouvelle mode est à la « ñaarel ». On se marie au nom de l’Islam sans se soucier de la condition posée par le Prophète (PSL) : « Si vous craignez de ne pas être justes, alors prenez une seule épouse » (4e sourate). Mais, c’est là un autre débat qui n’intéresse visiblement que les… femmes.
Les femmes sont aujourd’hui courtisées, chantées, fréquentées et respectées comme jamais dans l’histoire de l’humanité. Pendant des siècles, elles ont été vouées aux destins secondaires d'épouses, de mères, voire de signes extérieurs de richesse: le roi Salomon dispose ainsi de 700 femmes et de 2 300 concubines. Les civilisations grecque et romaine ne tiennent pas la femme en plus haute estime. Aristote la voit comme «un mâle stérile», Périclès décrète que «la plus grande vertu d'une femme, c'est de savoir se taire», tandis que la mythologie hellénique est fondée sur la légende de Pandore, première femme de l'humanité, qui ouvrit sa funeste boîte à fléaux et répandit le malheur sur le monde. Qui n’a pas entendu parler de la boîte de Pandore. Brrrr !!!!
Sur la même veine, Saint Augustin avait décrété : « Homme, tu es le maître, la femme est ton esclave, c'est Dieu qui l'a voulu. » Saint Thomas avait enfoncé le clou : «La femme a été créée plus imparfaite que l'homme, même quant à son âme. » Juifs et musulmans ne disent pas le contraire. Pauline Bebe, première et unique femme rabbin de France, ordonnée par la communauté libérale, citée par l’Express raconte : «Le Talmud comporte un texte qui dit que Dieu a créé la femme à partir d'une côte de l'homme, car, s'il avait choisi les yeux, elle aurait été curieuse, les mains, elle aurait été chapardeuse, la bouche, elle aurait été bavarde, etc. Mais le texte conclut que, malgré ces précautions, la femme est quand même curieuse, chapardeuse, bavarde...»
Hier, c’était « l’Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales ». C’était l’Afrique de l’Africain. De l’homme puissant et dominateur, autoritaire et fier, susceptible et ronchon comme pas deux. Il décidait en solo d’enterrer les jumeaux parce qu’ils étaient porteurs d’une malédiction jusqu’ici non identifiable. Il se détournait aussi de sa nombreuse progéniture féminine qui, dans son entendement, était un « fardeau » parce qu’improductive. Mais toute naissance d’un garçon était source d’une exquise jubilation. Elle était la preuve d’une virilité à toute épreuve et laissait voir que la semence du géniteur était de qualité.
Pourtant, malgré ce sort peu enviable, elles avaient développé des artifices qui leur permettaient de prendre le dessus sur leurs machos de maris. Au Sénégal, la femme a inventé des armes très efficaces pour « adoucir » son mari et l’amener même parfois à faire des choses inimaginables. L’exiguïté de la chambre nuptiale se révèle comme un véritable dépôt de munitions allant du « némali » (qui signifie assommer en wolof) au « dogali » (couper la tête), en passant par les « nay deugueur » (petits pagnes très incitatifs), les « reste ici » (de l’encens aux effluves aphrodisiaques ), etc. Tout dans ce langage guerrier indique que la femme est la maîtresse dans sa chambre. Peu d’hommes résistent à cet assaut. Le célèbre écrivain français Guy des Cars, grand spécialiste de la psychologie féminine, ne disait-il pas qu’ « en position horizontale, la femme dirige le monde ». Et c’est peu dire !
Le dernier mot n’est plus aux muscles. La preuve, muscles rentrés, armes enfouies, l’homme s’est tellement abandonné aux artifices de la femme qu’une seule ne lui suffit plus. Qui disait que « Ñaarel dafa xew » ?
* « La seconde épouse est à la mode ».
|