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FEUILLES D'ESPOIR

 

Chers amis, ce blog est un espace d'échange, un coin de liberté où, veste tombée, cravate desserrée, vous et moi pourrons taquiner l'actualité. Politiquement incorrect toujours, légitimement offensant parfois, il sera, je l'espère, un p'tit coin pour apprécier les promesses de la vie et les tourments des hommes qui attendent trop de la… vie.

Sidy

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POLITIQUEMENT INCORRECT
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23/07/2008 20:54
You a changé  0 commentaire
Ressaisis-toi, You Qu’est-ce qui se passe chez Youssou Ndour ? Depuis son second mariage avec Aïda Coulibaly, on doit bien admettre que le « roi du mbalakh » n’est plus le même. You a toujours tenu a son intimité. Sa vie familiale était strictement privée et il ne manquait jamais une occasion pour rappeler à tout le monde qu’il a tout donné au public mais que sa vie privée lui appartenait exclusivement. La presse, pourtant très friande de potins et de nouvelles « intimes » avait pourtant respecté sa volonté de « protéger » sa famille. Pendant très longtemps, les journaux, même people, ont respecté et même approuvé cette démarche, au point de ne publier la moindre photo de Mammy Camara. Mais depuis qu’Aïda Coulibaly est devenue Madame Ndour, on doit, à l’évidence, reconnaître que You a beaucoup changé. Il s’est « peopolisé ». Un journal de la place la surpris dans une boîte de nuit avec sa nouvelle épouse dans une posture indigne de sa stature. Mieux encore, à l’occasion de la naissance de leur fille Mame Marie Sène Ndour, l’artiste a invité le gratin de la presse et des… photographes pour immortaliser l’événement. Ce qui, il n’y a guère, était inimaginable. Après cette exposition de sa vie privée, j’ai été très surpris de voir le même Youssou Ndour s’en prendre au photographe de Walf Grand’Place coupable d’avoir cherché à prendre le couple en photo aux abords du groupe de presse de Sidy Lamine Niasse. J’en suis arrivé à me dire que le grand You est devenu un artiste très ordinaire, un adorateur du strass et des paillettes, quand je suis tombé sur cet article de son magazine « La Sentinelle » consacré à « Aïda Coulibaly : la dame de cœur de You ». Un article passé à la brosse à lustrer qui ne fait pas honneur à son auteur et à You lui-même. On apprend dans ce papier que sa « dame de cœur » lui a trouvé, affectueusement, le sobriquet de « Youss ». Et j’ai fini par comprendre que le grand Youssou Ndour était simplement devenu « Youss ». C’est-à-dire un autre homme. Plus superficiel. Et foncièrement narcissique. S.D.




15/07/2008 21:56
La politique en chantant  0 commentaire

La politique en chantant

La politique se décrédibiliserait-elle au point que tout quidam sente le devoir quasi-messianique de briguer la présidence de son pays ou des postes électifs ? Après Arnold Schwartzeneger, le «Gouvernator» de la Californie réputé plus pour ses biceps et ses films d’action à rebondissements que pour ses dons de stratégie politique, voici venu le tour de George Weah de ferrailler dur dans son pays pour porter le maillot floqué du « number one » du président de la république libérien. Tous les deux sont certes populaires et aimés par des milliers, voire des millions de fans surexcités à la moindre apparition de leur idole, mais la popularité est-elle un gage de crédibilité ? Schwarzenegger, candidat à sa succession en 2006, fait actuellement face à une baisse sans précédent de sa popularité, 36% des Californiens affirmant lui faire confiance contre plus de 65% après son élection. George Weah quant à lui se révèle incapable de sortir de son jargon footballistique en répétant comme un enregistrement qu’il va encore marquer des buts pour son pays. La mésaventure de « Scharwazie » montre pourtant que la raison l’emporte toujours sur la passion et que les fans finissent par se convaincre que les destinées d’un pays ou d’une collectivité locale sont au-dessus des emballements passionnels. Youssou Ndour pour qui des fans surchauffés scandaient « You président » a bien compris : la gestion d’un pays, ça casse les voix les plus mielleuses.





11/07/2008 17:00
Malades de la politique  0 commentaire

ENCORE UN REMANIEMENT ANNONCÉ
Le Sénégal malade de sa classe politique

Le remaniement qui est annoncé devra consacrer la naissance du cinquième gouvernement en quatre ans. Cette situation cumulée aux différentes élections qui ont accompagné l’installation de ce régime montre bien l’omniprésence de la politique au Sénégal. Et le travail, il commence quand alors ?

« En politique, il ne faut jamais rien croire tant que ça n'a pas été officiellement démenti ».   
Otto Von Bismark

« En politique, il faut donner ce qu'on n'a pas, et promettre ce qu'on ne peut pas donner ».   
Louis XI

« On ne fait pas de politique avec de la morale, mais on n'en fait pas davantage sans ».   
André Malraux


Le camouflet avait fait grand bruit au Sénégal. Les hommes politiques si prompts à faire la leçon avaient perdu toute envie de plastronner après les résultats d’un sondage Nouvel Horizon – BDA publié dans l’édition n° 181 du 6 août 1999. Pour la première fois, ils pouvaient se regarder sur le miroir de l’opinion publique. 20,4 % des sondés dakarois (500 au total) les trouvaient « menteurs et démagogues » ; 19,7 % estimaient qu’ils « ne pensent qu’à s’enrichir » et « détournent l’argent du pays » et 12,1 % les jugeaient « peu sérieux, incapables ». Implacable ! Mais il faut croire qu’ils sont insubmersibles. Car tout porte à croire que ce signal envoyé par les citoyens n’a pas été pris en compte. La politique est trop présente dans notre pays, comme si la petite pelote qui en a fait une activité professionnelle veut nous faire croire qu’elle est le meilleur raccourci pour le développement. Après la publication des résultats des dernières législatives, le président Wade avait promis que les années suivantes allaient spécifiquement être consacrées au travail. Mais, c’est connu, on ne se refait pas… Le monde de la politique reste ainsi, chez nous plus qu’ailleurs, un monde permissif, l’univers de la contorsion, des engagements reniés et des convictions filiformes. La politique est ici une fin, pas un moyen ; le raccourci idéal vers la réussite. A tout prix !
Depuis les derniers mois qui ont précédé l’alternance, le Sénégal est en campagne électorale perpétuelle : présidentielle (deux tours), référendum constitutionnel, législatives, municipales… Et voilà déjà qu’on prépare 2006 et 2007. Entre ces événements, bien entendu, il y a eu quatre gouvernements, sans compter celui qui est annoncé. Les disputes politiques se multiplient, les actes de violence essaiment à vive allure et le pays tout entier glose sans cesse sur la moindre déclaration du plus insignifiant des partis politiques. TOUT est-il finalement politique au Sénégal ?

Politiciens professionnels
Dieu sait pourtant que la classe de ces politiciens professionnels est loin d’être représentative de la quintessence de la nation sénégalaise. Nombre de responsables de l’Etat, et pas des moindres, ne sont guère des « lumières » sur le plan intellectuel. Beaucoup d’entre eux n’ont jamais exercé une activité professionnelle connue. Leur seul mérite, c’est d’avoir fait de la politique. Ils en vivent et sont prêts à tous les reniements pour s’accrocher à la locomotive du pouvoir. Les exemples sont légion. Qui aurait imaginé que certains caciques du PS si féroces dans leur lutte passée contre le PDS abandonneraient aussi vite le parti socialiste pour aller se servir à la table du nouveau prince ? Et qui aurait pensé que Wade sortirait sa brosse à lustrer pour « retaper » ses anciens adversaires au nom d’une logique fort simpliste de « la conservation du pouvoir » ? On est loin de la conviction dans tout cela. On croyait que la « lumière » viendrait de Wade, mais on nage là en plein dans le cambouis. C’est sous son magistère qu’Abdoulaye Diack, l’ex-édile kaolackois a osé dire à ses électeurs : « J’ai certes volé, mais ce que j’ai volé, nous l’avons mangé ensemble ». On a compris, en politique, tout passe dans notre pays. C’est encore sous Wade qu’Alé Lô a changé de liste électorale en pleine campagne, passant du PS au PDS sans sourciller. Non, tout ça n’émeut personne puisque nous sommes en politique « sénégalaise ». La précision est de taille.
Les exemples de contorsion politique peuvent être multipliés à l’infini. Prenez le cas de Djibo Kâ, le leader du l’URD. En mars 2000, il avait préféré Diouf à Wade qui, dans son entourage, était peint sous les traits du diable. La suite a été moins heureuse pour lui. Mais au moment où il commence à « relever la tête ». N’est-ce pas lui qui déclarait lors d’une interview à Nouvel Horizon (n°384 du 1er août 2003) : « Nous avons connu une situation extrêmement difficile par l’incompréhension de nos compatriotes, par notre choix au deuxième tour de l’élection présidentielle du 19 mars 2000. A l’époque, je disais à mes amis que le meilleur juge, c’est le temps, mais surtout les réalités économiques et sociales. Ce gouvernement qui va s’installer enfoncera le Sénégal dans des impasses extraordinaires par l’incompétence et par l’arrogance ». Pourquoi diantre discutailler aujourd’hui avec Wade alors ? Evidemment, toute la démarche a été savamment habillée dans un ample costume orné de « conditions » en trompe-l’œil, mais le diable habillé en noir ou en blanc reste toujours le diable. Que dire aussi d’Iba Der Thiam qui a été l’un des contempteurs les plus hardis de Wade avant l’alternance mais qui passe aujourd’hui pour son thuriféraire le plus résolu.

Les délices du pouvoir
Le pouvoir gommerait-il toutes les aspérités de la vie ? Doit-on se résoudre à accepter, comme Cabu, le célèbre dessinateur français, que « c’est peut-être ça la politique, le compromis perpétuel : entre compromis et compromission » ? Ou admettre comme Jerôme Garcin qu’en politique, « le succès est à ceux qui savent jouer, sur la scène publique, des rôles de composition et connaissent les lois de l’éloquence » ? Assurément non ! Il est grand temps que les hommes politiques soient attendus sur leurs engagements et jugés sur leurs actes. On ne peut plus accepter la panade politicienne qui nous sérine depuis des lustres qu’en cette matière, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. A défaut de quoi, Wade continuera toujours de « promettre ce qu’il ne peut donner », (nous savons déjà qu’aucun de ses “grands projets” ne sera inauguré pendant ce septennat, et peut-être même jamais), d’autres pouvoiristes continueront de créer bruyamment des micro-partis pour ensuite se fondre dans la formation au pouvoir. Le Sénégal, comme le suggère Abdourahim Agne, gagnerait à ce que des médecins, des chefs d’entreprise, des gens qui ont pignon sur rue, s’investissent pour que l’on ne retrouve plus dans tous les postes de décision des professionnels de la politique qui ne savent rien faire d’autre. Et parfois même, rien du tout. Le plus grave et qu’on ne pas assez dans la presse, c’est que pendant que les disputes se poursuivent, pendant que le peuple tout entier se laisse endormir par les fariboles du pouvoir et que l’opposition se la joue à « Républicain, républicain et demi », le taux de croissance de notre économie chute vertigineusement. Mais ça, il y aura toujours un illuminé en quête d’une belle planque pour soutenir que tout va pour le mieux au Sénégal. Pour enchaîner les peuples, c’est connu, on commence par les endormir.


Sidy DIOP





11/07/2008 16:58
Presse et presse  0 commentaire

La ronde des intrus

Nous autres journalistes, nous sommes de grands donneurs de leçons. Nous épions les moindres faits et gestes des autres, nous traquons leurs fautes, nous dénonçons leurs magouilles, bref nous nous sommes taillé le statut trop ample de procureur. Procureur-moralisateur. Tout le monde il doit être beau. Tout le monde il doit être gentil. Tout le monde il doit être honnête. Sinon, gare aux foudres du « quatrième pouvoir ».
Le journaliste dans notre pays peut s’autoriser tout ce que les autres ne peuvent se permettre : se tromper, diffamer, diffuser de fausses nouvelles ou même inventer des histoires de bout en bout. Et quand un citoyen s’offusque de ces manquements ou décide de laver son honneur devant les tribunaux, la « confrérie » lâche la meute : touche pas aux journalistes ! La liberté de presse chez nous, c’est une licence, un passe-droit qui autorise toutes les vilenies, toutes les manœuvres, toutes les manipulations. Et puis clap ! Personne ne doit y trouver à redire. Quelques téméraires ont voulu s’opposer à cette loi non écrite, mais c’est le matraquage à longueur de journées sur les ondes, à travers les « rebuts de presse » et des émissions du genre « wakh sa xamxam » qui coupent la parole à tous ceux qui osent soutenir que le journaliste est un citoyen égal en droits et en devoirs à tous les autres. Beaucoup d’entre-nous ont oublié que « la liberté est le pouvoir de faire tout ce que les lois permettent ».
Il faut le dire sans faux-fuyant : notre profession est malade. Elle est devenue une véritable passoire dans laquelle s’engouffrent tous les rebuts du système scolaire. Tous les phraseurs, tous les crieurs publics se font un devoir d’intégrer une rédaction. Or, le journalisme est un métier d’excellence. A la radio, dans un journal ou à la télé, les carences scintillent comme des étoiles dans une nuit noire. Le  journalisme, ce n’est pas seulement aligner des mots sur une page blanche. C’est aussi et surtout une technique (de collecte, de vérification et de traitement de l’information), une éthique et une déontologie. On ne naît pas avec. On les acquiert par la formation et par la pratique. Il suffit de lire la plupart des journaux sénégalais pour se rendre compte des carences criardes de leur rédaction en matière de traitement de l’information. On y pratique un seul genre rédactionnel : le commentaire. Un genre accessible à tous ceux qui ont des choses à dire. Demandez à certains rédacteurs en chef, directeurs de rédaction ou de publication de vous faire des reportages, des enquêtes ou des portraits et vous aurez la surprise de votre vie.
Personne dans les feuilles de chou qui ont relaté la sortie du Directeur général du « Soleil » n’a pris le soin de l’appeler pour s’assurer de la véracité des faits rapportés par leurs « sources ». Un gus sans doute mal intentionné a appelé pour leur balancer ce « scoop » (ils n’en ont jamais eu de leur vie du reste) pour qu’ils s’empressent de casser leurs pages et d’y insérer cette « information de première main ». Sans se donner la peine de vérifier. A moins qu’ils aient été grassement rétribués en retour comme c’est de pratique dans une certaine presse qui crie son indépendance sur tous les toits. « L’imbécile », disait Georges Bernanos, « est d’abord d’habitude et de parti pris ». Ce journalisme-là n’est pas le nôtre. Et ces gens ne sont certainement pas nos confrères.
D’ailleurs, ces publications sont à l’image de ceux qui les dirigent. Leur métier que je refuse à prendre pour du journalisme consiste, comme décrit par Mark Twain, à « annoncer que M. Watson est mort à des millions de gens qui ne savaient pas qu’il vivait ». Leurs écrits, c’est du charabia qu’aucun père de famille digne de ce nom n’oserait montrer à ses enfants en apprentissage du Français. Ils écrivent pour eux-mêmes en cherchant à se convaincre d’abord qu’ils ont un brin de talent. Et parce qu’ils ont une grande gu…, certaines radios en mal de programmes s’empressent de les bombarder « experts ». Et vogue la connivence des usurpateurs !
Aristote écrivait que « pour devenir habile en quelque profession que ce soit, il faut le concours de la nature, de l’étude et de l’exercice ». Toutes choses qui manquent criardement à ces intrus au verbe plus gros que le talent.

Sidy DIOP




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