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FEUILLES D'ESPOIR
Chers
amis, ce blog est un espace d'échange, un coin de liberté où, veste
tombée, cravate desserrée, vous et moi pourrons taquiner l'actualité.
Politiquement incorrect toujours, légitimement offensant parfois, il
sera, je l'espère, un p'tit coin pour apprécier les promesses de la vie
et les tourments des hommes qui attendent trop de la… vie.
Sidy
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Ressaisis-toi, You
Qu’est-ce qui se passe chez Youssou Ndour ? Depuis son second mariage avec Aïda Coulibaly, on doit bien admettre que le « roi du mbalakh » n’est plus le même. You a toujours tenu a son intimité. Sa vie familiale était strictement privée et il ne manquait jamais une occasion pour rappeler à tout le monde qu’il a tout donné au public mais que sa vie privée lui appartenait exclusivement. La presse, pourtant très friande de potins et de nouvelles « intimes » avait pourtant respecté sa volonté de « protéger » sa famille. Pendant très longtemps, les journaux, même people, ont respecté et même approuvé cette démarche, au point de ne publier la moindre photo de Mammy Camara.
Mais depuis qu’Aïda Coulibaly est devenue Madame Ndour, on doit, à l’évidence, reconnaître que You a beaucoup changé. Il s’est « peopolisé ». Un journal de la place la surpris dans une boîte de nuit avec sa nouvelle épouse dans une posture indigne de sa stature. Mieux encore, à l’occasion de la naissance de leur fille Mame Marie Sène Ndour, l’artiste a invité le gratin de la presse et des… photographes pour immortaliser l’événement. Ce qui, il n’y a guère, était inimaginable. Après cette exposition de sa vie privée, j’ai été très surpris de voir le même Youssou Ndour s’en prendre au photographe de Walf Grand’Place coupable d’avoir cherché à prendre le couple en photo aux abords du groupe de presse de Sidy Lamine Niasse. J’en suis arrivé à me dire que le grand You est devenu un artiste très ordinaire, un adorateur du strass et des paillettes, quand je suis tombé sur cet article de son magazine « La Sentinelle » consacré à « Aïda Coulibaly : la dame de cœur de You ». Un article passé à la brosse à lustrer qui ne fait pas honneur à son auteur et à You lui-même. On apprend dans ce papier que sa « dame de cœur » lui a trouvé, affectueusement, le sobriquet de « Youss ». Et j’ai fini par comprendre que le grand Youssou Ndour était simplement devenu « Youss ». C’est-à-dire un autre homme. Plus superficiel. Et foncièrement narcissique.
S.D.
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POSTFACE
Un parcours singulier
Par El Hadj Hamidou Kassé Philosophe, éditeur
A l’occasion de la séance-dédicace du livre d’entretien que j’ai réalisé avec Mamadou Diop Decroix sous le titre « La Cause du peuple », je disais que l’exercice ne venait que de commencer dans la tentative de parer à la « rupture de mémoire ». Malgré la richesse de notre histoire, peu d’acteurs ont jusqu’ici écrit et témoigné afin que ne soit rompu le fil qui lie les différentes générations. En écrivant ce livre sur Mbaye-Jacques Diop, le journaliste Sidy Diop vient de signer une contribution majeure dans le long compte-rendu de la trajectoire politique du Sénégal. Le personnage de ce livre constitue, on le sait, un dictionnaire vivant des événements politiques dans notre pays depuis au moins la fin des années 40. Il a cheminé avec tous les acteurs majeurs de cette longue histoire politique et participé activement, depuis son adolescence, à plusieurs aventures qui ont façonné les destinées du Sénégal. Encore relativement très jeune, il est passionné par la chose politique. Son chemin croise celui de Léopold Sédar Senghor, grammairien, poète, homme politique et futur premier Président du Sénégal indépendant. Une rencontre décisive qui le fera se mouvoir dans les dédales, les adversités, les alliances et les nuances qui singularisent le champ du militantisme politique. Le jeune Mbaye-Jacques Diop montre déjà des dons d’organisateur et de stratège qui apprend à faire la part des choses lorsque les enjeux du moment obligent à opérer des choix décisifs. Il en fut ainsi lorsque le Général Charles de Gaulle pose abruptement la question de l’indépendance. Très proche de Senghor dont on sait le peu d’enthousiasme à se défaire de la communauté française, il opte pourtant pour les pancartes avec une jeunesse fiévreusement portée vers la rupture avec le joug colonial. Cet écart entre le « maître » et le « disciple » passe comme un épisode et laisse intacte la complicité à la fois politique et affective entre eux. A la lumière de ses confidences, il est manifeste que le seuil de l’engagement politique et l’expérience administrative et sociale de Mbaye-Jacques Diop ont faiblement été récompensés par Senghor. Malgré tout, il accompagne le maître jusqu’à l’ultime moment de son retrait volontaire du pouvoir. Fidèle à la famille socialiste, ancré dans sa ville natale, Rufisque, Mbaye-Jacques ne peut toutefois pas masquer une sorte de tiraillement entre la nostalgie et l’impératif de l’action au présent en faveur d’une nouvelle équipe dirigée par Abdou Diouf, équipe avec laquelle il ne connaîtra pas que la joie des fratries solidaires, comme cela transparaît dans le livre. Pour autant il ne rompt pas. Il a décidé de se battre pour sa survie politique dans une formation politique qu’il a contribué à construire et à promouvoir au sein de la jeunesse et de sa ville natale jusqu’à cette date capitale, en l’occurrence février-mars 2000, qui a vu un basculement de l’histoire politique du Sénégal. En désaccord avec son parti et mesurant sans doute l’aspiration générale des Sénégalais, Mbaye-Jacques lui aussi bascule dans le camp de l’alternance politique, aux côtés de son vieux camarade socialiste Moustapha Niasse. Accroché à son indépendance, il lancera plus tard une formation politique qui décide de fusionner avec le Parti démocratique sénégalais (PDS) du Président Abdoulaye Wade. Avec son élection à la tête du Conseil de la république pour les affaires économiques et sociales, il peut faire sauter le verrou du local, où l’avaient confiné ses anciens camarades socialistes, pour affirmer, par le rang protocolaire et la stature politique, une dimension nationale et internationale. C’est toute cette trajectoire que Sidy Diop, journaliste talentueux et pointilleux, a su restituer avec un art consommé du récit. Diop dévoile au lecteur des qualités certaines : la maîtrise de l’art du portrait, la technique du récit et le souci constant de l’exactitude. Le résultat est là : un livre vivant, écrit avec une langue alerte et sans graisse, dépouillée et rigoureuse, qui plonge dans des atmosphères, des décors et des temps que nous n’avons pas forcément vécus, mais en même temps nous fait rencontrer des personnages de notre histoire que nous n’avons pas certainement connus. Un livre réussi qui constitue, incontestablement, une contribution majeure dans la connaissance des faits marquants de l’histoire politique du Sénégal, utile aux générations actuelles et futures, utiles à la science politique et à l’opinion soucieuse de savoir que l’histoire politique du Sénégal recèle, aujourd’hui encore, des facettes très peu connues.
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Parution de livre
L'itinéraire politique de Mbaye Jacques Diop revisité
Sud Quotidien (Dakar)
Publié sur le web le 19 Avril 2008
By Bacary Domingo Mane
Publié aux éditions Panafrika, le livre sera dédicacé aujourd'hui, samedi 18 avril, dans les locaux de la librairie Quatre Vents de Mermoz.
Le journaliste Sidy Diop vient de publier un ouvrage sur l'ancien maire de Rufisque, intitulé « Mbaye Jacques Diop... ». L'ouvrage tente de retracer l'itinéraire politique du premier et dernier Président du Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales (CRAES), un homme qui s'est forgé dans des combats durs et variés depuis sa tendre enfance.
Mbaye Jacques Diop raconté par le journaliste Sidy Diop dans un livre-portrait publié aux Editions Panafrika, 2008 et dont la cérémonie de dédicace est prévue ce samedi à la librairie Quatre Vents (Mermoz, Dakar). L'auteur a plutôt mis l'accent sur l'homme politique qui n'avait, depuis sa tendre jeunesse, qu'une seule obsession : le pouvoir et l'argent, comme il aimait à le répéter à ses camarades de la faculté de Sciences Juridiques. D'ailleurs, il nous aura prévenus : à travers cette biographie, l'auteur dit ne pas chercher l'évolution secrète d'une personnalité, ses sentiments et ses idées. Pouvait-il en être autrement si l'on sait que l'homme est un nà "ud de complexités aux profondeurs parfois insondables ?
Ainsi, dans cette vaste clôture qu'est la vie de Mbaye Jacques Diop, l'auteur creuse un sillon : la dimension politique de l'homme. Le récit qu'il déroule retrace, pas à pas ou à grandes enjambées, parce qu'alliant l'essentiel et l'accessoire. l'itinéraire de l'ancien édile de Rufisque. Passant d'un lieu à un autre, et en fermant le livre, le lecteur est tenté de conclure sur le parcours politique atypique de Mbaye Jacques Diop. Celui que la nature n'a pas « gâté », puisque victime de l'absence précoce de son père du foyer familial, a mis en pratique la philosophie de sa mère qui ne cessait de lui rappeler : « une seule dent doit être de blancheur » et d'ajouter : « tu es seul, tu n'as personne pour t'aider. Tu dois travailler dur pour réussir dans la vie. Mais tu es bien né, n'accepte jamais d'être inférieur à qui que ce soit ».
Ce « formatage » n'explique-t-il pas, en partie, son goût du pouvoir et des honneurs ? Déjà, au secondaire, il prenait très au sérieux son titre de « délégué de classe ». L'ancien maire de Rufisque a très tôt compris que la vie est un vaste champ où seuls les combattants, c'est-à-dire ceux qui donnent et portent des coups, ont droit à un titre foncier. Il a appris à ne compter que sur ses propres forces, seule façon de donner sens à la vie. Cette carapace l'aidera à se frayer un chemin dans l'univers « terrifiant » de la politique.
Mbaye Jacques Diop est un militant socialiste engagé. En août 1958, à la Place Protet, actuelle Place de l'Indépendance, il fait partie des porteurs de pancartes qui réaffirmaient l'indépendance immédiate du Sénégal. Il entretenait de bonnes relations avec l'ancien président Léopol Sédar Senghor qui était son maître à penser. D'ailleurs, il se verra confier quelques responsabilités par ce dernier.
Mais c'est sous Abdou Diouf que la vie politique de Mbaye Jacques Diop deviendra une galère. L'auteur le désigne d'ailleurs sous le nom de « légitimiste en mal de refondation ». Les ennuis commencent avec le 13 ème congrès du Parti socialiste (Ps), communément appelé « Congrès sans débat ». Un nouveau secrétariat exécutif de 34 membres présidé par Ousmane Tanor Dieng, est porté sur les fonts baptismaux. La première conséquence de ce changement, c'est le départ du Bureau politique des « légitimistes » dont Mbaye Jacques Diop.
Le nouveau maître des lieux place ses hommes partout et cela au détriment des anciens du parti. Mais l'ancien maire de Rufisque va se révolter, après s'être vu refuser le poste de Questeur à l'Assemblée nationale, au profit de son rival Mar Diouf qui est présenté comme l'homme de Tanor. Il a donc fallu une médiation pour que le Premier Secrétaire et Mbaye Jacques Diop arrondissent les angles. Mais la trêve fut de courte durée, « puisque le responsable de la 8ème coordination socialiste marche sur un tapis incandescent. Et chaque fois qu'il espère soulager ses pieds meurtris, on dresse une fournée de braises ardentes sur son chemin », souligne l'auteur. Lors de l'élection présidentielle de 2000, sa maison est attaquée.
Le socialiste n'a pas senti le soutien de ses camarades, Abdou Diouf en tête. Mais les relations entre Mbaye Jacques et sa famille socialiste se sont tellement détériorées qu'il finira par quitter le Ps, entre les deux tours de la présidentielle de 2000. Son nouveau parti va fusionner avec le Pds. Il sera nommé par le Président de la République, Me Wade à la tête du Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales.
C'est ce personnage complexe que Sidy Diop tente de dé-couvrir dans les 171 pages de son livre intitulé « Mbaye Jacques... ».
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LIVRE - « Mbaye Jacques... ! » de Sidy Diop :
Une plume et une trajectoire dans les pages d’immortalité
« Une seule dent doit être éclatante de blancheur », disait sa mère pour forger le caractère de son fils unique. Comme dans un conte. Ici, c’est le roman d’une vie. Comme « sous le soleil d’un destin », titre auquel l’auteur avait pensé pour ce merveilleux manuscrit que j’ai eu le privilège de dévorer en un temps record. Ce livre est une grosse exclamation, portée par la trajectoire exceptionnelle d’un homme qui rencontre une plume tout aussi exceptionnelle.
Le titre « Mbaye Jacques... ! » est évocateur. Il annonce le parcours d’un homme qui a grandi dans la solitude et qui s’est entouré des foules grâce à son aura, son projet politique. Il revendique des origines modestes, soutenu par une mère-courage. Comme Blaise Diagne, il a prospéré dans le cercle des grands hommes. Sans complexe, il revendique son passé pour en franchir les frontières afin de se construire un avenir. Une histoire. La trajectoire d’un homme inoxydable ! Entre la tentation féodale célébrée par des courtisans et la solennité des institutions, Mbaye-Jacques Diop s’est ouvert, à force de persévérance, les chemins de l’immortalité. Sidy Diop a matérialisé les foulées, sur toutes les scènes nationales, de ce politique au long cours. La vie de l’homme politique a des allures de récit merveilleux tant le parcours est rugueux et Mbaye Jacques Diop persévérant. L’écolier turbulent transmet sa pugnacité à l’étudiant en sciences vétérinaires puis au travailleur accusé de subversion et « exilé » à Kédougou. La vie lui fait des crocs-en-jambe. Il trébuche toujours mais ne chute jamais. Sans complexe, il s’accroche à un petit boulot dans une cimenterie et fait sien le conseil de Senghor sur de nécessaires études supérieures pour être à la hauteur des responsabilités nationales ou locales. Une vocation de leader va naître en lui pour devenir le ferment d’une personnalité digne du puncheur. Comme le fan de boxe qu’il a été !
Sujet fascinant et polémique
Le récit est articulé autour du vécu, avec une distance objective, sans donner l’impression qu’on prend le lecteur au collet pour lui imposer une conclusion. La fréquentation des idées de l’homme politique n’a pas aliéné l’approche scientifique de l’auteur. Il répond aux bonnes questions en apportant de bonnes informations. Jusque dans les sujets les plus polémiques comme ses infortunes au sein du Parti socialiste « new-look », son passage de ce Ps au Parti démocratique sénégalais via l’Alliance des Forces de Progrès au cours de la présidentielle 2000, le rôle de l’argent dans la pratique politique ou encore la journée des porteurs de pancartes face à De Gaulle en 1958.
Sidy Diop ne s’est pas contenté de faire un livre sur Mbaye-Jacques, l’ancien « agent inemployé, inemployable » à cause ses activités extraprofessionnelles. Il a placé la pratique politique au centre des débats voire de la polémique constructive. L’exemple le plus pertinent est l’interrogation du Professeur Assane Seck, intellectuel et homme d’Etat reconnu, sur le legs de l’ancien maire de Rufisque aux générations futures. La démission de M. Diop, intervenue dans l’entre-deux tours de la présidentielle 2000, justifie, aux yeux de l’ancien ministre et préfacier, cette question.
« La vie est mouvement. La vie politique, par essence, est faite de mutations perpétuelles », dit Mbaye-Jacques. Le texte, lui aussi, est mouvement. Comme la trajectoire de l’ancien président du Conseil de la République pour les Affaires économiques et sociales. Il existe une symbiose entre ce parcours et le style de l’auteur fort du sens de l’observation du grand reporter, du sens de la formule du chroniqueur ou billettiste, du souci du détail important du portraitiste, de la précision de l’historien qu’il est. Le ton et la forme sont quelques unes des belles réussites de ce texte. Car, au-delà de la matière, importe la manière de dire, de promener le lecteur dans les méandres d’une marche parfois rude et rugueuse.
Le concept et le contexte
Sidy Diop a su conceptualiser et « contextualiser » la matière tirée de Mbaye-Jacques Diop. Il a échappé à cet échec de certaines trajectoires exceptionnelles qui ont donné des biographies en rase motte. C’est un mérite pour ce texte qui est une célébration de la mémoire. Le lecteur en sort avec une assurance-lecture : il ne s’ennuie pas et son intelligence est sauve de toute manipulation. L’autre crédibilité de ce récit est le respect accordé aux anciens adversaires politiques de M. Diop. Il n’y a pas, dans ce texte, un embellissement de la réalité ou une diabolisation des lignes adverses. Mais Me Mbaye-Jacques Diop en a-t-il besoin ? Il ne redoute pas la tempête. Il donne l’impression d’un navigateur qui trouve la houle belle parce qu’elle est haute et terrifiante. Ne dites pas « va-t-en guerre » ! Sous la plume du talentueux journaliste et désormais biographe Sidy Diop, « Jacques » est à la fois un homme d’apaisement et de punch. Pas naïf pour un sou, il a adhéré à la philosophie de Senghor, cet homme qui l’a « fasciné » avant que Me Wade ne l’ait « façonné », selon sa propre expression : « Chaque touffe d’herbes cache un ennemi ». Il s’est battu, fort de ce viatique. Comme dans un conte ancien où le courage est une dot, l’auteur rapporte cette phrase d’un Koldois conquis par la résistance de l’ancien maire de Rufisque à la négation du vote des militants : « Camarade, j’ai une belle fille et je vais te la donner en mariage parce que tu es un homme ». Sa mère, dans l’autre monde, a de quoi être fier de sa dent blanche unique...
« Mbaye-Jacques... ! » Une biographie signée Sidy DIOP Editions Panafrika, Silex/Nouvelles du Sud/Casset avril 2008__ 172 pages
Habib Demba FALL
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SENEGAL-POLITIQUE-LITTERATURE
Parution prochaine d’un livre sur le politicien Mbaye-Jacques Diop
Jeudi 13 mars 2008 par APS
Edité chez Panafrika/Silex/Nouvelles du Sud, en partenariat avec les Editions Casset, ce livre de 170 pages est préfacé par le Pr. Assane Seck, historien et ancien ministre socialiste. Le philosophe écrivain El Hadj Hamidou Kassé, co-éditeur de l’ouvrage, a rédigé la postface.
Le Pr. Seck écrit : ‘’Le journaliste Sidy Diop a eu l’idée originale de présenter, sous forme de biographie, les différentes étapes du parcours politique de Mbaye-Jacques Diop, premier et dernier Président du Conseil de la République pour les Affaires économiques et sociales’’. Le préfacier et le personnage ont partagé l’idéal du Parti socialiste sénégalais.
‘’Il est incontestable que Mbaye-Jacques est un personnage atypique qui a réalisé un parcours politique également atypique. Forgé dans des combats durs et variés depuis sa tendre enfance, en raison de l’absence précoce de son père du foyer familial, les difficultés en ont fait un véritable « self made man », habitué à recevoir et à porter des coups, ne comptant essentiellement que sur ses capacités physiques et intellectuelles, dans leur efficacité pratique plus que dans leur portée éthique’’, ajoute-t-il.
De son côté, El Hadji Kassé rapporte qu’‘’en écrivant ce livre sur Mbaye-Jacques Diop, le journaliste Sidy Diop vient de signer une contribution majeure dans le long compte-rendu de la trajectoire politique du Sénégal’’. ‘’Le personnage de ce livre constitue, on le sait, un dictionnaire vivant des événements politiques dans notre pays depuis au moins la fin des années 40’’, a-t-il souligné.
‘’C’est toute cette trajectoire que Sidy Diop, journaliste talentueux et pointilleux, a su restituer avec un art consommé du récit. Diop dévoile au lecteur des qualités certaines : la maîtrise de l’art du portrait, la technique du récit et le souci constant de l’exactitude’’, poursuit-il dans la postface.
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EN VÉRITÉ Les raccourcis de la politique
Pourquoi y a-t-il autant de partis politiques dans un petit pays comme le Sénégal ? Que veulent les politiques en cherchant vaille que vaille à avoir pignon sur rue ? La politique est-elle en définitive une activité rentable ? En ouvrant les vannes de la démocratie au Sénégal, notamment en permettant à Léopold Sédar Senghor démissionnaire de son parti (section sénégalaise de la SFIO), de créer le BDS en 1948, le président Lamine Guèye n’avait sans doute pas en tête le scénario qui se déroule actuellement sous nos yeux. Tout comme Senghor avec ses quatre courants nés de la révision constitutionnelle du 28 décembre 1978. Et son successeur Abdou Diouf, en faisant adopter la loi n°81-16 du 6 mai 1981 était plutôt soucieux de se poser en garant des libertés individuelles, notamment la liberté d’association. Mais c’était sans compter avec les rivalités internes et les ambitions personnelles qui ont fini d’en faire une loi avachie, parce que peu regardante sur les conditions de création et de vie des partis politiques. Aujourd’hui, des partis se créent en dribblant la loi, sur des bases religieuse, régionaliste, voire ethnique sans que personne n’y trouve à redire. Peu d’hommes politiques ont une connaissance réelle du rôle d’un parti dans une démocratie. Parce qu’en réalité, c’est quoi un parti politique ? Joseph La Palombra et Myron Weiner (Political Parties and Political Development, Princeton University Press, 1966), assimilent un parti politique à : 1. Une organisation durable, dont l’espérance de vie politique est supérieure à celle de ses dirigeants actuels ; 2. une organisation bien implantée localement et dont les échelons locaux entretiennent des rapports réguliers avec l’échelon national ; 3. une organisation dont les dirigeants ont la volonté délibérée de prendre et d’exercer le pouvoir, seuls ou avec d’autres (et non pas seulement d’influencer les dirigeants politiques ; 4. une organisation cherchant à acquérir un soutien populaire, par des élections ou de toute autre manière ; 5. une organisation qui joue son rôle d’ « école de formation » pour les « futurs » dirigeants politiques du pays, portés éventuellement au pouvoir par le suffrage universel. Il est évident que nombre de « partis » politiques au Sénégal sont loin de remplir ces conditions. Faible représentativité, partis personnels, absence de démocratie interne et simple souci de conférer au leader un moyen de pression politique sont le lot quotidien de la plupart des 79 partis politiques répertoriés au Sénégal. La plupart des chefs de partis n’ont pas de compétence connue dans un domaine précis de la vie active. Ce sont des professionnels de la politique qui tirent l’essentiel de leurs revenus dans l’exercice de cette activité. Une professionnalisation certes conditionnée par le développement d’emplois rémunérateurs comme les postes politiques : ministres, députés, maires, DG des sociétés d’Etat, etc. Et c’est pourquoi au Sénégal, la politique est dans l’imagerie populaire le moyen le plus rapide de « se faire une situation ». Ce qui donne raison à Max Weber qui disait que « toutes les luttes partisanes ne sont pas uniquement des luttes pour des buts objectifs, mais elles sont aussi et surtout des rivalités pour contrôler la distribution des emplois ».
Sidy DIOP
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GESTION PERSONNALISEE DU POUVOIR PAR WADE L’Etat, c’est moi
On attendait du président Wade qu’il prenne de la hauteur et se hisse au-dessus des chapelles. Mais l’exercice du pouvoir a révélé une autre facette du pouvoir, trop centré sur lui-même et si peu soucieux de déléguer la moindre once de son pouvoir.
Publié dans "Nouvel Horizon" en 2003
Si l’on s’en fie au diagnostic du président Wade, l’avenir ne s’annonce guère sous les meilleurs auspices pour le Sénégal. Car après lui, il n’y aurait que le… désert. Le Sénégal qui a toujours fait la fierté de l’Afrique grâce à la qualité de son expertise serait ainsi tombé bien bas. « Je n’ai vu personne pour me remplacer [à la tête de l’Etat, Ndlr]. Ni dans mon parti, ni ailleurs. Je cherche encore, mais je ne trouve pas. Je ne suis pas un capitaine qui va jusqu’en pleine mer pour abandonner le navire. Je n’ai encore vu personne qui peut assurer ma relève dans la paix. (…) Vous savez, ce n’est pas facile du tout d’avoir quelqu’un pour me remplacer. Un président, cela demande du caractère avec des qualités indéniables, beaucoup de caractère et un environnement favorable. Les gens doivent avoir une bonne opinion de lui, il ne doit pas être quelqu’un qui n’est pas aimé. Je n’ai pas encore vu ce personnage dans mon parti, mais je cherche », confie-t-il à nos confrères du groupe Futurs médias (L’Observateur du 17 mars 2004). Un jugement cruel pour la classe politique. Soutiers et adversaires déclarés peuvent revoir leur copie et lustrer leur image pour passer le jury présidé par Wade himself. Pourtant, lui-même n’a pas su gagner la confiance des Sénégalais pendant ses vingt-six années d’opposition. Mais il a su bâtir cette confiance en endurant les pires épreuves et en persévérant dans sa volonté de parvenir au sommet de l’Etat. Le bon sens voudrait donc qu’il laisse à ceux qui n’ont « pas encore » la confiance de leurs concitoyens, de suivre ses pas.
Dans un Etat démocratique, le jeu du pouvoir n’est fort heureusement pas contingenté par les humeurs et les piques du prince. La succession se règle par la voie des urnes et la possibilité est offerte à tous les citoyens de briguer la magistrature suprême, pourvu simplement qu’ils soient en règle avec la loi. Le Sénégal n’est pas une royauté qui laisse au seul prince la latitude de choisir son successeur. Pourquoi Wade devrait-il, tout seul, décider de qui doit lui succéder à la tête de l’Etat sénégalais ? Nous savions que le président sénégalais n’était démocrate que par dissimulation, du moins si l’on en juge par son option déclarée pour le césarisme démocratique, dans les colonnes du « Figaro » en avril 2003, nous l’avons même entendu confier à Nouvel Horizon que « la démocratie peut être paralysante lorsqu’on discute de tout » et que, dans ce cas, « il ne serait pas mauvais d’avoir un pouvoir qui dit : “c’est comme ça” », mais là, le président est à deux doigts de dégoupiller la grenade. Le président Wade est justement venu au pouvoir en discutant de tout. Quand le président Chirac avait soutenu que « les Africains n’étaient pas mûrs pour la démocratie », le tollé avait été immense. Il y a assurément là de quoi balayer devant sa porte.
En se référant au césarisme, enveloppé bien entendu dans une marinade « démocratique » pour mieux faire passer la recette, Wade a révélé une facette importante de son personnage. Son magistère offre à souhait des exemples qui mettent en pratique sa vision de la gestion du pouvoir. Tout dans le système Wade part de lui, tout lui revient. Il ne délègue aucun pouvoir, il les prête et les reprend sans qu’on n’y prenne garde. La Constitution de janvier 2001 renforce, sur le papier, les prérogatives du Premier ministre, conformément à la volonté du nouveau président. Mais ses prérogatives sont pour le moment théoriques. Wade ne laisse pas, en effet, le loisir à son PM de se réaliser pleinement à ses côtés. On se rappelle de la manière dont Moustapha Niasse, son compagnon de campagne, a été viré officiellement pour ses visées sur le fauteuil présidentiel et, officieusement, pour n’avoir pas voulu se fondre dans le Pds, le parti de Wade. Mame Madior connaîtra la même infortune parce qu’elle n’est pas politique et ne pouvait donc rien lui apporter. Idrissa Seck a connu l’enfer pour avoir voulu « prendre de l’étoffe » à ses côtés. Tout le monde se rappelle du coup de fil du président de la République à son PM en pleine déclaration de politique générale. Du jamais vu ! Et même si les relations entre les deux hommes semblent se normaliser ces derniers jours, Idrissa Seck sait bien que sur le chemin du paradis, il n’en est encore qu’au purgatoire.
Les exemples font foison pour illustrer la trop grande confusion entre Wade et l’Etat sénégalais. Les flagorneurs de sa majesté lui ont tellement fait croire que le Sénégal lui doit son prestige qu’il a fini par y croire. « Wade est le capitaine de l’équipe du Sénégal, le libéro, l’attaquant et le gardien de but. C’est lui qui tacle, qui centre et qui marque les buts. Il lui arrive même de faire des croche-pieds à ses partenaires pour s’arroger tout seul la victoire », confie un internaute à l’humour débridé dans un forum sur internet consacré aux quatre années de l’alternance.
C’est aujourd’hui ce qui est en train d’arriver à ses alliés de la gauche. « Ils font leurs mathématiques, moi aussi je fais les miennes. Je vais bientôt créer un regroupement des forces libérales centristes. Je me prépare moi aussi très activement et vous verrez », avait-il confié à l’Observateur. De fait, il ne pardonne pas à la LD et à AJ leur liberté de ton. Pourtant, ses passages dans les gouvernements de majorité présidentielle élargie de Diouf n’ont pas été des modèles de « solidarité gouvernementale ». Mais qui n’est pas avec Wade est contre lui. Et Abdoulaye Bathily et Landing Savané l’ont appris à leurs dépens en refusant d’aller danser sur la « Promenade des Lions », à côté du secrétaire général national du Pds. Un crime de lèse-majesté qui leur vaut aujourd’hui la prononciation du divorce. Et que dire de la libéralisation de la télévision ! Dans la même interview accordée au groupe Futurs médias, le président Wade tranche le débat. « Des gens qui ont leur radio et leur journal pour m’attaquer et dire n’importe quoi sur moi, tant que je serai là, je ne leur donnerais rien. Quand je partirais, ils l’auront peut-être. (…) Si je vois de bons Sénégalais qui informent vrai et qui n’utilisent pas cet instrument pour jouer un autre rôle, j’accepterais de la leur donner ». Soit. Mais pourquoi refuser à d’autres ce que l’on fait soi-même ? La Rts n’a jamais été autant caporalisée que sous le régime de l’alternance. Illustration en a été donnée dans la soirée du dimanche 21 mars, avec la diffusion d’une émission à forts relents de propagande intitulée « L’alternance en actions ». On attend d’un Chef de l’Etat qu’il prenne de la hauteur pour se mettre au-dessus des chapelles, mais pas qu’il personnalise à ce point le pouvoir.
Sidy DIOP
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POLITIQUEMENT INCORRECT
Une vie de Président
Par Sidy DIOP
C’est fou ce qu’un rêve peut transformer votre vie. Hier nuit, j’ai rêvé d’être PR. Si, si, Président de la République. Partout des foules extraordinaires qui scandaient mon nom. Des caméras à la pelle. Des milliers de flashs. Une flopée de journalistes sous le charme. Mon adversaire – je ne me souviens ni de son nom ni de son visage - m’a chaleureusement félicité au téléphone et en direct dans plusieurs journaux parlés. Je me rappelle mon discours d’investiture devant une assistance emportée par mon éloquence. Je me souviens du cortège me menant droit au palais présidentiel et le doux hurlement des sirènes qui disaient clairement (à mes oreilles en tout cas) : « Place à Borom Rewmi ! ». Et puis la belle parade des chevaux de « ma » garde personnelle venus m’accueillir sur le Boulevard de la République. Je me suis même surpris dans mon rêve à répéter machinalement un chiffre : 196 200. La superficie du Sénégal en km2. « Je soliloquais tranquillement en regardant cette foule massée tout au long de la route : “Voilà diambar, me disais-je, tu règnes sur 196 200 km2 sur lesquels tu as plein pouvoir ». Mais la force d’un rêve, c’est aussi d’entortiller des situations proches ou liées que la conscience aura toujours du mal à entrelacer. C’est ainsi que je me suis retrouvé dans un autre acte de la pièce présidentielle, une autre scène moins gaie dans laquelle la même foule admiratrice s’est mué en une multitude agressive et bouillonnante qui vociférait des menaces inadmissibles pour le Président que j’étais. Elle voulait du pain, du gaz, de l’eau, de l’électricité, du riz, etc. Et tout en même temps. Elle me jetait mes promesses électorales à la figure et ne voulait rien comprendre à mes explications sur le passif de l’ancien régime. « Menteur », « voleur »… Le plus insupportable, c’était ces parents qui me réclamaient un enseignement de qualité, ces jeunes élèves en larmes qui me suppliaient de sauver leur année scolaire alors que leurs enseignants exigeaient des avantages impossibles à satisfaire. N’en pouvant plus, au bord de l’apoplexie, j’ai été fort heureusement sauvé par ma fille qui m’a réveillé pour la déposer à son école. Ouf !
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POLITIQUEMENT INCORRECT Noble ambition ?
Par Sidy DIOP
Chronique publiée dans "Le Soleil" pendant la campagne présidentielle de mard 2007
« Devenir président de la République : comment se l’enlever de la tête ? ». Cela pourrait être l’intitulé d’un essai de psychologie à mettre à la disposition de la foultitude de candidats – et tous les autres – qui nourrissent le dessein de revêtir les atours du « Primus inter pares ». On ne saurait assez leur recommander la lecture du « Petit Bouvard illustré ». Président ! Nombreux sont ceux qui n’y voient que les privilèges et, accessoirement, la gloire rattachés à la fonction. Sinécure, plus que sacerdoce. Beaucoup de pouvoirs, peu de devoirs. Commandeur, plus que serviteur. Honneurs sans servitudes. Bref, bamboula à outrance. Il suffit pourtant de lire notre Loi fondamentale pour se convaincre de l’ampleur de la tâche d’un Chef d’Etat. Le Président de la République est, en effet, le gardien de la Constitution. Il est le premier Protecteur des Arts et des Lettres du Sénégal. Il incarne l'unité nationale. Il est le garant du fonctionnement régulier des institutions, de l'indépendance nationale et de l'intégrité du territoire. Il détermine la politique de la Nation. Il préside le Conseil des Ministres. Le Président de la République est responsable de la Défense nationale. Il préside le Conseil supérieur de la Défense nationale et le Conseil national de Sécurité. Il est le Chef suprême des Armées ; il nomme à tous les emplois militaires et dispose de la force armée. C’est prenant, c’est étouffant, mais pas assez rebutant pour un aspirant qui ne songe qu’aux fonds politiques, aux voyages et aux opportunités d’enrichissement que confère naturellement l’exercice du pouvoir. Le monde de la politique reste ainsi, chez nous plus qu’ailleurs, une fin, pas un moyen ; le raccourci idéal vers la réussite. A tout prix ! Nombre de postulants à la magistrature suprême et aux autres activités connexes (députés, maires, etc.), ne sont guère des « lumières ». Beaucoup d’entre eux n’ont jamais exercé une activité professionnelle connue. Leur seul mérite, c’est d’avoir fait de la politique. Ils en vivent et sont prêts à toutes les circonvolutions pour s’accrocher à la locomotive du pouvoir. Quand on ne sait rien faire, il faut avoir de l'ambition. Et celle-ci ne serait qu’un nom noble donné aux besoins d'argent. Philippe Bouvard dixit.
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POLITIQUEMENT INCORRECT Passions
Par Sidy DIOP
Chronique publiée dans "Le Soleil" pendant la campagne présidentielle de mars 2007
Une question pour commencer : existe-t-il une pulsion politique ? On connaît les pulsions d’amour, de faim, de vie ou de mort, mais la pulsion politique au sens freudien, c’est-à-dire « une poussée ponctuelle et motrice qui vise à une satisfaction et est le moyen initial de cette satisfaction » ? Faudra sans doute poser la question aux psychanalystes pour se faire une idée. Mais l’on peut se permettre d’avancer sans risque de se faire remonter les bretelles par quelque encyclopédiste trop près de son savoir que la passion politique existe bel et bien. Voyez donc tous ces gens si responsables qui, à force de donner leur avis sur tout et sur rien, dans les radios, les télés, les journaux ou même, plus frontalement, dans des rassemblements militants, ont fini par passer pour des experts en politique. Ce sont les mêmes que l’on entend pousser des cris d’orfraie : « Elections, pas touche ! ». Ce sont les mêmes que l’on voit suer à grande eau au cours de marches de protestation, slogans scotchés aux pancartes et cœur au bord de la rupture. Ils sont meilleurs en tout que leurs semblables et sont les seuls habilités à parler en leur nom, à décider pour eux sur tout et, -ils sont intraitables là-dessus- sont abonnés aux premières loges. Ils portent des titres ronflants du type « président », « secrétaire général » et exigent, sans le moindre déplaisir que l’on leur serve du « Monsieur ». Passion politique, donc. Volonté de puissance. De domination. Rien n’a voir avec cette autre passion plus noble qu’est l’amour. Souci et quête de l’autre. Partage. Solidarité. La politique, dans l’acception servie dans moult tribunes par ces adulateurs du pouvoir, n’est pas très éloignée de l’amour. En principe, mais en principe seulement, on cherche le pouvoir pour se mettre « au service » de son peuple. Mais la passion politique ne boxe pas sur le ring de la noblesse de cœur. Elle est, pour recoller à la sémantique freudienne, cette « libido dominandi » décrite par St Augustin. Elle est génocidaire et conduit tout droit au Tribunal Pénal International alors que la passion amoureuse ne cause que des homicides et ne mène qu’en Cour d’assises.
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LES FEMMES BOUSCULENT LES US Le nouveau sexe fort
On leur a longtemps collé le doux sobriquet de « beau sexe ». Un euphémisme aux relents phallocratiques qui ne résiste plus aujourd’hui à l’appétit de puissance des femmes. Aujourd’hui, elles sont le « sexe fort » et comptent le demeurer.
« Chaque matin, chaque midi, chaque soir, les femmes doivent inciter leur mari à adhérer au Rassemblement démocratique africain (RDA). S’ils ne veulent pas, elles n’ont qu’à se refuser à eux, le lendemain, ils seront obligés d’adhérer… ». C’est le subterfuge que le chef d’Etat guinéen Sékou Touré, avait trouvé pour contraindre ses concitoyens à le soutenir. Nous étions à l’aube des indépendances africaines et le continent se débattait entre une tradition gibbeuse et une modernité qui se dérobait sans cesse. Mais déjà, le pouvoir des femmes perçait. Soumises à un ordre social qui faisait la part belle aux hommes, elles encaissaient et préparaient, consciemment ou inconsciemment, leur revanche. Hier, c’était « l’Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales ». C’était l’Afrique de l’Africain. De l’homme puissant et dominateur, autoritaire et fier, susceptible et ronchon comme pas deux. Il décidait en solo d’enterrer les jumeaux parce qu’ils étaient porteurs d’une malédiction jusqu’ici non identifiable. Il se détournait aussi de sa nombreuse progéniture féminine qui, dans son entendement, était un « fardeau » parce qu’improductive. Mais toute naissance d’un garçon était source d’une exquise jubilation. Elle était la preuve d’une virilité à toute épreuve et laissait voir que la semence du géniteur était de qualité. Et la femme dans tout cela ? A cette époque déjà, on en a connu qui avaient un caractère trempé dans l’acier. C’était le cas des Amazones du Dahomey et des femmes d’Abeokuta (Nigeria) qui avaient chassé le chef supposé traditionnel confirmé par les Britanniques et pris une part active dans la lutte anti-coloniale. Chez nous aussi, il y avait des figures féminines très fortes comme Aline Sitoe Diatta, la reine Dieumbeut Mbodj, etc. Mais c’était quelques rares éclaircies dans la bourrasque qui soufflait sur les femmes. Elles se soumettaient à un ordre obéissant au culte de la virilité et à la polygamie. On lui demandait de s’occuper de ses enfants et de faire guili-guili avec son mari.
Cotti cotti, yolli yolli… Mais déjà, malgré ce sort peu enviable, elles avaient développé des artifices qui leur permettaient de prendre le dessus sur leurs machos de maris. Au Sénégal, la femme a inventé des armes très efficaces pour « adoucir » son mari et l’amener même parfois à faire des choses inimaginables. L’exiguïté de la chambre nuptiale se révèle comme un véritable dépôt de munitions allant du « némali » (qui signifie assommer en wolof) au « dogali » (couper la tête), en passant par les « nay deugueur » (petits pagnes très incitatifs), les « reste ici » (de l’encens aux effluves aphrodisiaques ), etc. Tout dans ce langage guerrier indique que la femme est la maîtresse dans sa chambre. Peu d’hommes résistent à cet assaut. Le célèbre écrivain français Guy des Cars, grand spécialiste de la psychologie féminine, ne disait-il pas qu’ « en position horizontale, la femme dirige le monde ». Et c’est peu dire ! Mais cette Afrique « chantée par grand-mère » au bord d’un lointain fleuve tient difficilement aujourd’hui devant la furie revendicative des femmes. La poussée féministe a fait basculer nombre de bastions. Avec le certificat de mariage, le code de la famille et une solide formation, elles ont décrété que ce troisième millénaire sera celui de la femme triomphante. Aujourd’hui, les femmes ne se contentent plus de la simple reconnaissance. Elles s’imposent. Elles se proclament supérieures aux hommes : « jiggenñi ño ko yor »* reprennent-elles en chœur. Le concept de « jigeen bu man goor »* a fini de faire florès. La masculinisation à outrance de la société a cédé la place à une féminisation forcée. L’indépendance économique et l’inexorable progression des femmes à l’intérieur du monde du travail a bouleversé les modes de dépendance anciens. Le dernier mot n’est plus aux muscles. Faut-il croire que dans leur combat contre l’autorité, le chef et la virile compétition, les femmes sont parvenues à créer une sorte de troisième sexe ? En tout cas, un nouvel homme est né, aseptisé, doux, sensible et coquet sans être homo : l’homme métrosexuel. C’est la version mâle du XXIe siècle, émotif, délicat, intuitif, vulnérable et… féministe, voire féminin. Nous sommes entrés dans le siècle de l’égalité et du partage. De l’indifférenciation des sexes. La femme idéale à la maison n’est plus de saison, c’est désormais à l’homme de plonger dans l’atmosphère empesée du foyer sans chef.
Le temps du papa poule Curieusement, le combat féministe a permis à l’homme de se réajuster, d’évoluer sensiblement pour faire de l’espace familial un havre de paix, un espace de dialogue, de solidarité et d’échange. L’homme ne rechigne plus à jouer au papa maternant, prenant sa part de la routine quotidienne, se retroussant les manches et s’employant avec zèle à coller à l’image de l’homme idéal à la maison. Que ne ferait-on pas pour vivre en paix ! C’est l’ère du papa maternant ou papa poule, de la femme triomphante et « dure ». Elle a trinqué durant des siècles et tient vaille que vaille à faire payer ses bourreaux d’hier. C’est joli l’amour. Ce qu’elle veut dorénavant, ce n’est plus un « bon » mari, au sens fourre-tout du terme. « Trop bon, trop con », sert-on entre femmes « modernes ». Une brillante intellectuelle sénégalaise, sociologue de surcroît, s’étonnait que les hommes halpulaar refusent de cuisiner chez eux alors que nombre d’entre-eux exercent la fonction dans les hôtels et restaurants de la place. La « guerre des sexes » prend une tournure tout à l’avantage des femmes. Ils ont voulu de ce papy couveur et maintenant qu’il est à portée de main, elles s’en détournent. Elles veulent plus encore. « A ce rythme », confie un ami, « nous aurons bientôt des hommes en jupettes courtes et dessous en dentelles ». Le nouvel homme voulu et attendu par la gent féminine doit en premier, toujours assurer au litD défaillance interdite -, il doit être viril comme un acteur de film pour adultes et prêt à dégainer au moindre claquement de doigts de son insatiable moitié. Mais il doit être aussi doté d’une bonne situation professionnelle, être sensible, élégant, et assurer une protection sans machisme. Il doit en outre avoir un cœur ouvert comme un bouquin à l’eau de rose et prompt à s’émouvoir des malheurs de sa partenaire. Il doit écouter, deviner ses moindres désirs, être plus fort sans le faire sentir. Bref, une force qui se gave de faiblesses. Si vous avez le profil, faîtes-vous signaler… En tout cas, on comprend qu’à ce rythme, ce sont les hommes qui auront bientôt besoin de protection. Après le féminisme, le masculinisme peut-être.
En mal de puissance Le pire, pour l’homme, c’est que ce sont les bases même de son pouvoir qui l’ont lâché en premier. Hier chef incontesté de la cellule familiale, son autorité est aujourd’hui bousculée par une évolution sociale qui donne de plus en plus le bon rôle à la femme. La multiplication des divorces a consacré l’avènement de nouveaux chefs de familles en jupes longues et en pagnes traditionnelles. La femme a appris à élever seule ses enfants, à faire face aux tracas quotidiens du foyer. Elle s’est rendu compte que la notion de chef de famille reposait en fait sur un « deal » entre hommes. Et qu’elle était capable, parfois même avec plus de bonheur d’assumer ce rôle. Mais ce n’est pas tout, loin s’en faut. Il est un autre domaine où l’empire vacille, un domaine de souveraineté à propos duquel l’homme n’a jamais accepté de transiger. C’est celui de la puissance sexuelle, de la virilité fondatrice des positions dominantes. Il n’y a plus de maîtrise de l’érection. L’angoisse, le stress, les soucis de la vie quotidienne, et les complots de toutes sortes ourdis par des compagnes en rogne, tout concourt à rendre l’organe phallique aussi flasque qu’un… chiffon. Dans la grande banlieue dakaroise, à Thiaroye précisément, on raconte l’histoire de cette dame qui, pour se débarrasser de son mari ne trouva rien de mieux à faire que de lui jeter un « xala » et de le contraindre devant la justice à la libérer. Quand le pénis chancelle, c’est le ménage qui encaisse les contrecoups. Même dans un domaine qui était naguère l’apanage des hommes, celui de la déclaration d’amour, les femmes bousculent les habitudes. Elles n’hésitent plus à aller à l’abordage quand un homme les fait pâmer d’envie. Alors, les hommes, une espèce en voie de disparition ?
Sidy DIOP
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La politique en chantant
La politique se décrédibiliserait-elle au point que tout quidam sente le devoir quasi-messianique de briguer la présidence de son pays ou des postes électifs ? Après Arnold Schwartzeneger, le «Gouvernator» de la Californie réputé plus pour ses biceps et ses films d’action à rebondissements que pour ses dons de stratégie politique, voici venu le tour de George Weah de ferrailler dur dans son pays pour porter le maillot floqué du « number one » du président de la république libérien. Tous les deux sont certes populaires et aimés par des milliers, voire des millions de fans surexcités à la moindre apparition de leur idole, mais la popularité est-elle un gage de crédibilité ? Schwarzenegger, candidat à sa succession en 2006, fait actuellement face à une baisse sans précédent de sa popularité, 36% des Californiens affirmant lui faire confiance contre plus de 65% après son élection. George Weah quant à lui se révèle incapable de sortir de son jargon footballistique en répétant comme un enregistrement qu’il va encore marquer des buts pour son pays. La mésaventure de « Scharwazie » montre pourtant que la raison l’emporte toujours sur la passion et que les fans finissent par se convaincre que les destinées d’un pays ou d’une collectivité locale sont au-dessus des emballements passionnels. Youssou Ndour pour qui des fans surchauffés scandaient « You président » a bien compris : la gestion d’un pays, ça casse les voix les plus mielleuses.
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DERNIERES LIGNES
Deux valent mieux qu’une !
Par Sidy DIOP
« Ñaarel dafa xew »*. La formule est devenue l’hymne de nombre de mecs en quête de nouvelles sensations. Les recettes éculées de la première ne retiennent plus ces coureurs toujours à l’affût de rondeurs et de cambrure. De jeunesse et de plaines vierges à ensemencer. Et, curieusement, un peu partout, la nouvelle mode est à la « ñaarel ». On se marie au nom de l’Islam sans se soucier de la condition posée par le Prophète (PSL) : « Si vous craignez de ne pas être justes, alors prenez une seule épouse » (4e sourate). Mais, c’est là un autre débat qui n’intéresse visiblement que les… femmes.
Les femmes sont aujourd’hui courtisées, chantées, fréquentées et respectées comme jamais dans l’histoire de l’humanité. Pendant des siècles, elles ont été vouées aux destins secondaires d'épouses, de mères, voire de signes extérieurs de richesse: le roi Salomon dispose ainsi de 700 femmes et de 2 300 concubines. Les civilisations grecque et romaine ne tiennent pas la femme en plus haute estime. Aristote la voit comme «un mâle stérile», Périclès décrète que «la plus grande vertu d'une femme, c'est de savoir se taire», tandis que la mythologie hellénique est fondée sur la légende de Pandore, première femme de l'humanité, qui ouvrit sa funeste boîte à fléaux et répandit le malheur sur le monde. Qui n’a pas entendu parler de la boîte de Pandore. Brrrr !!!!
Sur la même veine, Saint Augustin avait décrété : « Homme, tu es le maître, la femme est ton esclave, c'est Dieu qui l'a voulu. » Saint Thomas avait enfoncé le clou : «La femme a été créée plus imparfaite que l'homme, même quant à son âme. » Juifs et musulmans ne disent pas le contraire. Pauline Bebe, première et unique femme rabbin de France, ordonnée par la communauté libérale, citée par l’Express raconte : «Le Talmud comporte un texte qui dit que Dieu a créé la femme à partir d'une côte de l'homme, car, s'il avait choisi les yeux, elle aurait été curieuse, les mains, elle aurait été chapardeuse, la bouche, elle aurait été bavarde, etc. Mais le texte conclut que, malgré ces précautions, la femme est quand même curieuse, chapardeuse, bavarde...»
Hier, c’était « l’Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales ». C’était l’Afrique de l’Africain. De l’homme puissant et dominateur, autoritaire et fier, susceptible et ronchon comme pas deux. Il décidait en solo d’enterrer les jumeaux parce qu’ils étaient porteurs d’une malédiction jusqu’ici non identifiable. Il se détournait aussi de sa nombreuse progéniture féminine qui, dans son entendement, était un « fardeau » parce qu’improductive. Mais toute naissance d’un garçon était source d’une exquise jubilation. Elle était la preuve d’une virilité à toute épreuve et laissait voir que la semence du géniteur était de qualité.
Pourtant, malgré ce sort peu enviable, elles avaient développé des artifices qui leur permettaient de prendre le dessus sur leurs machos de maris. Au Sénégal, la femme a inventé des armes très efficaces pour « adoucir » son mari et l’amener même parfois à faire des choses inimaginables. L’exiguïté de la chambre nuptiale se révèle comme un véritable dépôt de munitions allant du « némali » (qui signifie assommer en wolof) au « dogali » (couper la tête), en passant par les « nay deugueur » (petits pagnes très incitatifs), les « reste ici » (de l’encens aux effluves aphrodisiaques ), etc. Tout dans ce langage guerrier indique que la femme est la maîtresse dans sa chambre. Peu d’hommes résistent à cet assaut. Le célèbre écrivain français Guy des Cars, grand spécialiste de la psychologie féminine, ne disait-il pas qu’ « en position horizontale, la femme dirige le monde ». Et c’est peu dire !
Le dernier mot n’est plus aux muscles. La preuve, muscles rentrés, armes enfouies, l’homme s’est tellement abandonné aux artifices de la femme qu’une seule ne lui suffit plus. Qui disait que « Ñaarel dafa xew » ?
* « La seconde épouse est à la mode ».
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AH WEUY 4 ! « Petit » veut grandir
UN BILLET DE SIDY DIOP
S’il y en a un parmi les candidats au self-service présidentiel qui se prend franchement au sérieux, c’est Alioune Mbaye dit « Petit ». « Petit » a des envies de grandeur et le clame urbi et orbi. Dans exactement douze jours, tous ceux qui voudront le voir, dit-il, devront solliciter une audience au Palais de l’avenue Senghor. Comment compte-t-il s’y prendre ? Il ne suffit pas de réinventer son monde pour cela. Une arène de lutte où les gladiateurs des temps modernes pourront boxer jusqu’au sang, une brigade lutte contre la piraterie et autres joyeusetés du genre : « le Sénégal est malade depuis 47 ans ». Heureusement que vous et moi respirons la santé. Car si « Petit » devient « Grand » en logeant au Palais, il y aura très peu d’hôpitaux pour s’occuper des vrais malades. La vie ne sera belle que pour les athlètes bodybuildés. Brrr ! Faut s’occuper qu’après le 25 février Alioune reste « Petit » - il est si sympa comme çà – et ne se rende au Palais que pour présenter ses félicitations au vainqueur.
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AH WEUY ! Spectaculaire !
UN BILLET DE SIDY DIOP
Vous l’avez sans doute remarqué lors de cette campagne électorale : la politique se « spectacularise » à grande vitesse dans notre pays. Les meetings se singularisent plus par le spectacle que par le discours. Concert, lâcher de ballons, exhibition de rutilants bolides, etc. Tout est fait lors de ces rassemblements pour attirer le maximum de spectateurs. Et que dire des marches (bleue, orange, rose, jaune) ? Un leader haut perché sur son « hummer », son « 8X8 » ou son « 4x4 », accompagné par une fournée de belles voitures et par une sono de milliers de watts, ça fait chic, ça fait show et ça attire forcément. Les hommes politiques l’ont d’ailleurs si bien compris que la plupart des candidats ont concocté un hymne en leur honneur. Reste à savoir si cette stratégie sera payante au soir du 25 février. Si la musique attire les électeurs, ça risque de donner des idées à You, Pène ou Iso.
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25 notes (2 Pages, 15 par page) [ 1 | 2 ]
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